Rôle militaire du Canada limité en Syrie?

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Le gouvernement fédéral a laissé entendre mercredi que le rôle militaire du Canada en Syrie pourrait être limité et que toute contribution canadienne à une intervention internationale là-bas serait plutôt d'ordre politique et humanitaire.
Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré que le Canada ne possédait pas les armes nécessaires pour participer au type d'attaque dont il est question.
«Certains ont suggéré dans les médias et ailleurs que l'intervention pourrait impliquer des missiles de croisière et des drones, deux choses que le Canada n'a pas, a affirmé M. Baird mercredi après avoir rencontré un leader de l'opposition syrienne de passage à Montréal. Nous allons attendre que la décision soit prise avant de déterminer si nous avons la capacité de contribuer militairement à la mission.»
Il a toutefois donné une idée générale de l'aide non militaire que le Canada pourrait fournir à la Syrie.
Le ministre a dévoilé les grandes lignes d'un programme d'aide de 90 millions de dollars destiné au pays déchiré par la guerre civile, précisant qu'un peu plus de la moitié de cette somme servirait à nourrir 4 millions de personnes et à offrir un abri et des installations sanitaires à 87 000 déplacés.
Le gouvernement fédéral a aussi paru prêt à accorder son appui politique à une intervention militaire.
Le ministre Baird a révélé que le Canada et ses alliés étaient d'accord sur le fait que des armes chimiques avaient été utilisées en sol syrien et que la situation nécessitait une réponse ferme de la part de la communauté internationale.
«Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec eux et nous analyserons toutes les options possibles à mesure que les choses progresseront», a-t-il assuré.
M. Baird a soutenu que les Canadiens avaient été horrifiés par les atrocités commises contre les civils en Syrie. Il a clairement attribué la responsabilité de ces événements au gouvernement du président Bachar el-Assad.
«Le régime syrien s'est engagé sur un chemin dangereux et il devra en subir les conséquences», a-t-il commenté.
John Baird était à Montréal mercredi pour s'entretenir avec George Sabra, le chef de la Coalition nationale syrienne, le principal groupe d'opposition de la Syrie qui bénéficie du soutien de l'Occident.
Le ministre s'est montré sceptique quant aux chances que le Conseil de sécurité des Nations unies ordonne une intervention en Syrie en raison de la présence de la Russie, une alliée traditionnelle du régime Assad.
De son côté, le chef de l'Opposition officielle à la Chambre des communes, Thomas Mulcair, a plaidé pour le recours aux instances internationales plutôt qu'à une intervention unilatérale.
«Soyons clairs: notre meilleur espoir encore aujourd'hui dans le monde, c'est le droit international, les Nations unies, les instances internationales et le Protocole de Genève, par exemple, pour les armes chimiques. Il faut dans un premier temps essayer ça», a martelé M. Mulcair, qui a été interrogé mercredi alors qu'il rencontrait la presse, à Montréal, dans le cadre de sa tournée contre le Sénat.
«C'est clair aussi qu'il y a des criminels de guerre dans le clan Assad en Syrie. Il va falloir que le droit international s'occupe d'eux après. Mais d'abord et avant tout, il faut que la communauté internationale agisse à l'intérieur de ses instances pour mettre fin à cette tuerie de civils, a-t-il ajouté. Ce qui est inadmissible pour nous, c'est de voir des civils en train de se faire attaquer par leur propre gouvernement avec des armes chimiques, au XXIe siècle. Il faut que le monde réagisse.»
Le leader néo-démocrate a semblé faire confiance au premier ministre Stephen Harper pour convoquer les députés si le Canada devait participer d'une manière ou d'une autre à une éventuelle intervention en Syrie. «M. Harper a toujours respecté cette convention de la Chambre des communes. En cas d'intervention militaire, la Chambre doit absolument en débattre et être consultée», a-t-il souligné.
Justin Trudeau, le chef libéral, a pour sa part estimé que la convocation du Parlement était nécessaire pour discuter du rôle que le Canada devrait jouer alors que la communauté internationale se prépare à intervenir dans le conflit syrien.
Il a affirmé que l'utilisation d'armes chimiques était «inacceptable» et qu'elle exigeait une réponse ferme.
M. Trudeau, qui a été mis au courant par M. Baird des discussions du gouvernement fédéral avec ses différents alliés, a également fait savoir qu'il s'attendait à ce que le Canada fournisse de l'aide aux civils.
Mercredi, le Bloc Québécois a réitéré sa position par rapport à la crise syrienne, à savoir que l'intervention militaire devait être la dernière option envisagée. Il a ajouté que toute implication du Canada dans la mission en Syrie devrait faire l'objet d'un vote à la Chambre des communes et soutenu que le Canada devrait bonifier son aide aux réfugiés syriens, notamment en offrant d'en accueillir temporairement en sol canadien.


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