Godbout vend sa réforme

Moins d’impôt, plus de taxes, plus d’efficacité

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Les apprentis-sorciers s'amusent à nos dépens





Le gouvernement Couillard propose une réforme du système fiscal inspirée des travaux du fiscaliste Luc Godbout, qui suggère de réduire les impôts et d’augmenter les taxes. Le Journal s’est entretenu avec l’expert.



Cette réforme est à coût nul pour l’État, qui percevra autant d’impôts qu’avant. Pourquoi faire ces changements alors?




Nos impôts sur le revenu au Québec sont plus élevés de 6,5 milliards qu’en Ontario. Nous sommes les deuxièmes plus imposés dans le monde après le Danemark. On pense que ça a des effets dommageables sur l’économie. Ça peut juste nuire à la volonté des travailleurs d’en faire plus. En baissant l’impôt, les gens vont vouloir travailler davantage et on cesse de taxer leur épargne.




Qui seront les perdants de cette réforme?




On n’a pas la prétention de dire qu’il n’y a pas de perdants. Vous risquez de perdre si vous êtes un grand consommateur de tabac, de bière et d’essence. Mais le tabac et la bière ne sont pas des biens essentiels, vous pouvez toujours en acheter moins. Et pour l’essence, ça peut modifier votre comportement pour vous procurer un véhicule moins énergivore. Même chose si vous êtes un grand consommateur d’électricité: vous pouvez rendre votre maison écoénergétique.




Et qui seront les gagnants?




Pour des gens entre 40 000 et 100 000 $ qui ont deux jeunes enfants, l’effet de notre réforme, même en considérant l’augmentation des taxes, permet de récupérer 2 % de leur salaire. C’est quand même significatif.




Plusieurs opposants affirment que votre proposition est régressive et qu’elle va nuire aux plus pauvres. Est-ce exact?


C’est vrai que la taxe de vente est régressive. Elle a un taux unique, contrairement à l’impôt sur le revenu qui est plus bas pour les premiers paliers et qui augmente au fur et à mesure que vous vous enrichissez. Cela dit, on propose de consacrer 300 M$ pour bonifier le crédit solidarité pour compenser la hausse de taxe pour les moins nantis. Et également, dans notre modèle, si l’impôt est moins important, il est plus progressif avec neuf paliers au lieu de quatre. Les premiers seraient plus bas et le taux le plus élevé serait inchangé. Si bien que la progressivité de l’impôt serait plus grande avec la réforme qu’elle ne l’est actuellement.




Êtes-vous satisfait de la réponse du gouvernement qui veut mettre en place votre plan?




C’est une bonne nouvelle d’entendre le ministre. Nous travaillons sur cette question depuis 2014. J’ai présenté mon rapport partout, j’ai rencontré les caucus de partis politiques. On a tenu sept forums citoyens. En juin dernier, le ministre a fait une table de partenaires et on a discuté de cette réforme. Tout ça, c’est dans l’ordre des choses pour faire une réforme fiscale sérieuse.




Pour les entreprises, qu’est-ce qui va changer?




On fait le ménage dans les mesures fiscales. On a analysé chacun des crédits d’impôt et on les a abolis ou resserrés de manière à pouvoir faire une baisse généralisée de la contribution fiscale. Au lieu d’octroyer des privilèges à quelques-uns, on offre un taux plus bas à tout le monde.




 




  • M. Godbout propose une réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers de près de 4,4 milliards $.




  • En contrepartie, Québec hausserait la TVQ, les taxes sur la bière, l’essence et les cigarettes ainsi que les tarifs d’hydroélectricité.



 




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