ÉCOSSE

Les PME appuient le camp du Oui

Une organisation appuyant l’indépendance de l’Écosse craint des représailles de Londres si jamais le Non gagne

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Une maturité politique enviable

ÉDIMBOURG - Alors que les mili­­­­eux d’affaires multiplient les prophéties apocalyptiques au sujet de l’indépendance de l’Écosse, les petites et moyennes entreprises se rangent résolument dans le camp du Oui et craignent des représailles de Londres si le Non devait l’emporter.
«Nous devons gagner parce que si nous perdons, Westminster va nous punir et tenter de mettre fin à ce mouvement de fond», entrevoit Michelle Thompson, présidente de Business for Scotland (BFS), une organisation qui regroupe près de 3000 petites et moyennes entreprises écossaises.
Mme Thompson décrit les rapports entre Londres et Édimbourg comme ceux d’un parent avec son enfant.
L’existence du parlement écossais n’est inscrite dans aucune loi, signale-t-elle.
« Nous n’avons rien à dire »
«On nous a dévolu des pouvoirs qui pourraient nous être retirés selon la volonté de Westminster. Ils pourraient fermer le parlement écossais demain matin s’ils le veulent. Londres, c’est comme une mère qui dit à sa fille: “Je te donne de l’argent de poche, mais si tu entres trop tard je vais t’enlever ton argent.”»
«Des mesures ont été adoptées par la Chambre des lords pour limiter les pouvoirs de l’Écosse, expose Michelle Thompson. Les lords ne sont pas élus et nous n’avons rien à dire», s’insurge la femme d’affaires qui possède une entreprise de gestion d’espaces commerciaux en Écosse.
Les PME comptent pour 99 % de l’économie écossaise, soutient Business for Scotland sur son site web. Des entreprises se rangent dans le camp de l’indépendance parce qu’elles se sentent négligées par le gouvernement central. «Dans le système actuel, les politiques économiques sont conçues en fonction des besoins des grandes entreprises et des sièges sociaux qui sont situés à Londres.
« Pas prises en compte »
«Les petites entreprises ne sont pas prises en compte. Il est clair qu’il s’agit pour nous d’obtenir un gouvernement qui sera en mesure d’adopter des politiques qui permettront à l’Écosse de se développer», plaide Mme Thompson.
La souveraineté du Royaume-Uni et les pouvoirs qui vont avec sont concentrés à Londres, reprend la femme d’affaires. «Jeudi, les Écossais tiendront la souveraineté dans le creux de leur main, entre 7 h et 22 h. Ils choisiront de la garder ou de la laisser à Westminster. C’est aussi fondamental que ça.»
Le député péquiste Alexandre Cloutier a pris bonne note du plaidoyer de Michelle Thompson. «Pour les PME écossaises, l’indépendance est une occasion d’affaires. Si elles veulent prendre de l’expansion, ça passe par une augmentation des pouvoirs qu’elles ont.»


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