Meech 8. La main tendue de Parizeau

MEECH - 20 ans plus tard...


Robert Bourasse a parlé. « Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse… ». C’est la veillée funèbre de l’accord du Lac Meech, le 22 juin 1990. Devant lui, Jacques Parizeau se lève. Un discours bref, ni triomphal (je vous l’avait bien dit), ni dénonciateur (dans quel pétrin vous nous avez mis), ni partisan (vous avez échoué, démissionnez). Plutôt, des phrases d’ouverture, des mots de compatriotes, une proposition d’avenir.
Pour souligner les 20 ans de la mort de l’accord du lac Meech, il me fait plaisir de vous présenter, en feuilleton, des extraits du premier chapitre de mon livre Le Tricheur, qui relate comment les acteurs politiques québécois ont vécu la mort de l’accord.


Parizeau parle:
Indépendamment des querelles que nous avons pu avoir, indépendamment des accusations que nous avons pu nous porter, indépendamment de ce que nous avons pu nous dire et qui, de temps à autre, pouvait être très blessant, alors je dis, M. le Président [de l’Assemblée], à mon premier ministre : Essayons de nous retrouver.
Il faut que nous puissions trouver une autre voie, puisque celle qu’il avait choisie se révèle être un cul-de-sac. Et je dis, M. le Président, à mon premier ministre : Je vous tends la main.
Cherchons, cet automne, tous ensemble, une voie de l’avenir du Québec.

Pourquoi ce geste? « J’ai jamais cru, moi, que le Québec pouvait retirer un avantage quelconque d’être faible ou par terre, explique Parizeau à l’auteur. Je sais très bien qu’après la nuit des longs couteaux, en 1981, dans quelle situation nous comme gouvernement on était placé. On était écrasé. Ça m’a beaucoup frappé, cet épisode là. Et quand, après Meech, il était clair que le premier ministre du Québec lui aussi était écrasé, ça me paraît presque nécessaire sur le plan de l’intérêt public [de faire un geste]. Quel que soit le premier ministre du Québec, c’est jamais bon qu’il soit par terre ». Et puis, ajoute-t-il, « les gens ont horreur qu’on cogne sur quelqu’un qui vient de perdre ».
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Jean-François Lisée291 articles

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Ministre des relations internationales, de la francophonie et du commerce extérieur.

Il fut pendant 5 ans conseiller des premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard et un des architectes de la stratégie référendaire qui mena le Québec à moins de 1% de la souveraineté en 1995. Il a écrit plusieurs livres sur la politique québécoise, dont Le Tricheur, sur Robert Bourassa et Dans l’œil de l’aigle, sur la politique américaine face au mouvement indépendantiste, qui lui valut la plus haute distinction littéraire canadienne. En 2000, il publiait Sortie de secours – comment échapper au déclin du Québec qui provoqua un important débat sur la situation et l’avenir politique du Québec. Pendant près de 20 ans il fut journaliste, correspondant à Paris et à Washington pour des médias québécois et français.





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