Mondialisation et État

Dé-mondialisation




Personne n’est contre l’internationalisation des échanges qui prévaut depuis toujours. Ce qui est nouveau et malsain est la mondialisation à tout crin qui accorde préséance au droit de contracter et qui met en présence des transnationales plus grosses que les États avec des filiales partout. Ça fait que ces mastodontes mettent en concurrence, sans aucun irritant, tous les travailleurs et tous les pays du monde pour le plus petit commun dénominateur. Avec la complicité de leurs politiciens, dont la majorité provient du privé, ils sont devenus les maîtres incontestés du monde.
D’ailleurs, dans un sondage mondial réalisé auprès de 22 000 personnes, 74% d’entre elle estiment que les grandes entreprises ont trop de pouvoir et 69% pensent qu’elles sont plus puissantes que le gouvernement (La Presse, 3 janvier 2008). Oh là là!
Comme les baisses d’impôts, la privatisation des services publics et des ressources naturelles, les fameux PPP et les traités de libre-échange, la population n’a jamais voulu d’une mondialisation des échanges qui postule hypocritement que les pseudos-lois naturelles du marché, dominé par les multinationales et les spéculateurs, vont tout réguler pour le mieux-être de tous. Faites-moi rire… Et «les Occidentaux sont de plus en plus contre la mondialisation» que titrait le Journal de Montréal du 23 juillet 2007 suite à un sondage du Financial Times. Dire que l’ex-PDG de la Caisse de dépôt du Québec, l’indubitable Henri-Paul Rousseau, celui qui nous a fait perdre 40G$ en fonds publics par le biais de ses «initiatives» a dit, pour nous museler, que la mondialisation était irréversible. Voilà, absolument rien à faire selon ce sbire.
Tout un commis d’État. Il a été promptement contredit non pas par un syndicat ou Québec Solidaire, mais par les économistes de la Banque CIBC: «La mondialisation est réversible» (Le Journal de Montréal, 28 mai 2008). Mettez ça dans votre pipe, monsieur Rousseau, repêché depuis par la transnationale Power Corp. de la famille Desmarais.
Pour les légionnaires du libre-marché et de la soumission des autres, que sont Harper et Charest, pourrais-je les inviter à lire l’article d’Éric Desrosiers du Devoir (21 février 2007) intitulé: «[Rapport de l’OMC et de l’OIT->4601]. Mondialisation: l’État doit intervenir pour limiter les dégâts afin de répartir équitablement la richesse». Pas par des baisses d’impôts et la privatisation de nos instruments collectifs, messieurs.
Croyez-moi, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation internationale du travail ne sont pas des organismes marxistes. À propos des transnationales, «l’ONU a mis en garde les nations contre les risques de recolonisation» (La Presse, 4 octobre 2000) et a ajouté que : «L’influence de la grande entreprise: Une menace contre la démocratie» (Le devoir, 25 juillet 2002). Ça ne peut pas être plus limpide mais vos élus inféodés vont continuer à favoriser l’État-minimal et même néant.
En 2006, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) a vertement critiqué les réformes néfastes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) et a plutôt vanté l’interventionniste à la chinoise (Le Devoir, 1er septembre 2006). Dans une petite province comme le Québec, l’État se doit d’intervenir encore davantage, et c’est justement ce que recommande le directeur du FMI (un organisme international porté beaucoup vers la droite), le français Dominique Strauss-Kahn, tel que signalé dans un article de La Presse du 5 avril 2011 intitulé: «La crise aux Etats-Unis plaide pour plus d’État et moins de libéralisme».
Lors d’un discours à Washington, monsieur Strauss-Kahn a affirmé que:

«La crise mondiale plaidait pour plus d’intervention de l’État et moins de laisser-faire. La mondialisation a beaucoup apporté mais a aussi un côté obscur, qui est un écart vaste et croissant entre les riches et les pauvres». Il a ajouté: «La main invisible ne doit pas devenir le poing invisible» et il a plaidé une nouvelle fois pour la double taxe imputée aux institutions financières, incluant évidemment les banques, soit une sur l’actif total et une sur le profit net. Pour lui, «la culture de la prise de risque échevelée est toujours bien vivante».

Sûr que monsieur Strauss-Kahn, pourtant le patron d’un organisme international prônant l’économie de marché et le capitalisme, ne sera pas invité à adresser la parole aux jeunes libéraux du Québec, aux membres de Réseau Liberté-Québec et du Wildrose Alliance d’Alberta, qui trouve le parti conservateur fédéral et Stephen Harper trop à gauche. Des fanatiques aussi pires que le Tea Party et Sarah Palin aux Etats-Unis si vous voulez mon opinion et même si vous ne la voulez pas…

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.


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