Forces Québec ou l'ADQ remâché.

Le retour des Têtes-à-Claques...

Tribune libre

Après le Willywaller 2006, voici que les têtes à claques reviennent à la charge. Sorti du gésier des anciens oiseaux de malheur du Parti québécois, un nouveau mouvement appelé « Force-Québec » a vu le jour. Ça risque de muter en parti politique. Comme si on n’en avait déjà pas assez comme ça…
Disons d’abord que c’est de l’ADQ remâché. On a repeint la ferraille et ciré celle-ci au New-finish. On lui a mis des bumpers chromés, recouvert les banquettes de velours et garni le rétroviseur avec des dés en mouton. C’est avec ça que les pedlers prêt à bazarder le Québec pensent être en mesure de séduire les Québécois en 2010. Et ça devrait pogner un peu même si le moteur pompe une pinte d’huile au mille.
On est allé chercher l’aval de plusieurs grosses légumes dont entre autres, Charles Sirois. Il paraîtrait que Lucien Bouchard alias « Lulu le toupette », aurait donné sa bénédiction. Desmarais serait quant à lui derrière le mouvement. C’est curieux, lui, on ne le voit jamais. Il se cache toujours…
Comme pour l’ADQ, les sous-mains du mouvement sont ailleurs, issus des milieux corporatistes underground. Lieux à 200 dollars le couvert pour un petit déjeuner. Là où se réunit le Québec inc. Celui des avocats à mille dollars de l’heure et des options patentées pour l’achat d’actions. Celui des clubs de golf le vendredi à Vegas. Pas de p’tit monde là-dedans ! Pas de mère de famille, pas de technicienne en garderie, pas d’infirmière, pas d’ouvrier, pas de syndicaliste. Surtout pas ça !
Dans la basse-cour de la haute gomme, c’est François Legault le boss. Il veut être le seul coq qui chante. Personne d’autre ! Le Iznogood québécois sera le sous-fifre en chef. C’est vers lui que seront directement acheminé les ordres du conseil du patronat et des bonzes de la haute finance du Québec qui eux, prennent leurs ordres de Toronto qui eux prennent à leurs tours les ordres de Wall Street.
Le programme ? On le sait déjà ! Hausse de tarifs d’électricité, compteurs d’eau, utilisateur-payeur et privatisation tous azimuts des services publics.
Les frais de scolarité des CEGEP et des universités seront augmentés. On les multipliera par trois peut-être quatre. C’est connu que toute la richesse du Québec se trouve au fond des poches des étudiants. C’est là qu'est le salut pour résorber le déficit et la dette…
Pour revenir à nos lucides, mentionnons que ces gens-là, qui, soit dit en passant, ne sont pas parmi les moins riches du Québec, oui ce gens-là veulent créer encore plus de richesse. Mais j’ai comme l’impression que ni vous ni moi n’en verrons jamais la moindre parcelle…
Pour se faire, ils désirent faciliter la vie aux entreprises. Par exemple : Les redevances sur les gaz de schistes qui sont parmi les plus basses au monde seront donc encore plus basses. Même chose pour les forêts et les mines sans compter l’eau.
Pour cette dernière, on la fera bien sûr payer à vous et moi. Mais pour les grandes entreprises, ce sera l’inverse. Au lieu de donner nos ressources aux corporations et aux multinationales comme on le fait maintenant, nous allons dorénavant payer ces mêmes entreprises pour qu’elles les exploitent. Nous paierons donc deux fois… N’est-ce pas merveilleux ?
Quant à l’État providence ? Fini ! Plus d’aide sociale pour les plus démunis, plus de prestations pour les accidentés du travail, plus de garderies à 7 dollars, plus de congés parentaux non plus. Dorénavant il faudra payer pour être soigné si vous êtes malade. Cela ne vous coûtera que 20 000 dollars d’assurance par année. Une bagatelle !
Il faudra aussi payer pour faire instruire votre enfant du primaire à l’université et en anglais en plus. Ben oui, en anglais voyons ! Pensez-vous qu’on va s’embarrasser d’une réglementation linguistique ? C’est une charge sociale bien trop lourde pour les frêles épaules de nos entreprises…
Pour revenir à la fin de l’État providence, on va aussi se servir dans les pensions de vieillesse. Elles serviront à engraisser le fond consolidé de l’État qui se déverse directement dans les coffres des grandes banques pour rembourser le déficit et la dette qui malgré l’enrichissement des dix dernières années, se sont curieusement accrus. Je délire, vous croyez ? À peine !
Ho bien sûr, il y aura bien quelques exceptions. Par exemple si vous vous appelez Bernie Ecclestone. Si vous êtes une grande entreprise comme le Grand-Prix de Montréal, on va faire semblant « d'étudier votre cas ». On va ensuite laisser la tempête médiatique passer. On va tempérer la grogne des con-tribuables et signer un p’tit décret ministériel en plein été pendant les vacances et ultimement, n’ayez crainte, vous recevrez votre chèque. C’est ça, la nouvelle façon de répartir la richesse à la sauce Facal et Legault.
L’indépendance du Québec n’a bien sûr rien à y voir là-dedans. La présence du Québec dans la fédération canadienne est sans doute un facteur d’enrichissement selon Legault, Facal et le clergé de finance…
Le mot le dit. Force Québec. On veut forcer le Québec. On veut le presser comme un citron. On veut en faire une bête de somme. Au fouet ! Les dirigeants de ce mouvement se présentent comme l’élite du Québec. Ils ont la vérité infuse, la parole de vie. Il faut croire ces nouveaux preachers. Ils sont comme les vendeurs de sandales Acumassage. Ils veulent notre bien. Et Ils l’auront bon gré mal gré.
Mais au fait, j’y songe. Pas besoin de forcer les gars ! La porte est ouverte. Entrez messieurs! Les Québécois sont tellement gentils. Ils offrent les biscuits et le verre de lait aux voleurs. Vous n’avez qu’à dire que vous êtes le Père Noël. Prenez ensuite ce que vous voulez, mettez-le dans votre grosse poche et puis le tour est joué. Vous n’avez pas besoin de vous essuyer les pieds sur le paillasson ni même de nous remercier. C’est ça le merveilleux Québec !


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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    7 octobre 2010

    C'est le monde de Marois aussi. Sirois est associé d'affaire avec le mari de Marois.
    La corruption doit quitter le navire du PLQ et se cherche une autre niche. La gauche au PQ est trop importante et QS est hors de question. Ne restait que l'ADQ mais celui-ci est réduit à pratiquement néant.
    Il fallait donc un nouveau parti tout propre dans lequel libéraux et péquistes pourront se regrouper et qui ne sera pas l'objet d'une enquête. Il se débarassent ainsi de la gauche au PQ qu'ils n'arrivaient pas à déloger.
    Le Souverain Desmarais ne peut plus supporter sa situation de perte de contrôle de la politique du pays par la débandade de ses deux partis libéraux, PLC PLQ.
    La gauche du PQ et QS devront s'unir. Amir Khadir est le chef tout désigné.